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jeudi 13 décembre 2007

Je cherche du boulot et j'aime ça

Bon allez, il faut que je l'avoue : ça me plaît de chercher du travail.
Ça mérite d'être souligné parce que c'est nouveau pour moi.

Jusqu'à maintenant, j'avais toujours trouvé cela pénible de chercher du boulot. Il faut dire que par le passé, j'avais toujours été en poste pendant ma recherche, situation qui compliquait un peu la tâche pour caser les entretiens, les coups de fil etc.
Forcément, ne travaillant pas actuellement, je n'ai pas à me cacher dans les toilettes pour répondre à l'appel d'un recruteur (ne riez pas, nous l'avons tous fait !). Je dois quand même parfois m'isoler pour éviter que mon fils ne vienne hurler aux oreilles du big boss de la boîte de mes rêves... Non sérieusement, le fait de ne pas être en poste enlève de la pression.

Ceci dit, le fait vraiment nouveau, c'est que je ne trouve plus cela désagréable de passer des entretiens alors que lorsque j'étais plus jeune, je détestais ça. J'ai muri et je suis plus déterminée ; je l'ai déjà dit, mais j'ai pris confiance en moi et ça aide à vivre agréablement un entretien d'embauche.
Youpi, je n'appréhende plus les entretiens ! Au contraire même, je trouve cela stimulant car il s'agit de donner le meilleur de moi-même pendant un laps de temps limité, c'est à chaque fois un challenge : être au top, sans oublier de récupérer toutes les infos nécessaires à l'évaluation du job, de la boîte, etc. Ça demande de la concentration, de l'énergie et de la motivation, et pour une desperate housewife qui meurt d'envie de reprendre une activité, c'est déjà presque aussi motivant que de bosser.

Il est évident que si cette recherche d'emploi me motive et m'amuse, c'est aussi parce qu'elle se passe bien. Je ne suis pas sûre que ça me plairait autant si je ne recevais aucune proposition ou si je ne décrochais pas d'entretien...

Passer des entretiens, c'est dur, c'est fatiguant. Attendre du feedback des recruteurs, c'est stressant. Devoir attendre 3 semaines avant le next step, c'est énervant. Attendre une proposition qui n'arrive pas assez vite, ça rend impatient.
Mais finalement, chercher du travail, surtout quand ça marche, c'est motivant et agréable, et j'ai l'impression que je pourrais continuer comme ça pendant longtemps. Avec pour excellent prétexte le fait que j'attends encore des propositions qui sont sur le point d'arriver...

Donc voilà, après des mois passés à me demander si j'avais envie de retravailler et à avoir peur de me lancer, eh bien je trouve ça chouette de chercher du travail. Espérons que je trouverai ça aussi chouette de travailler !
Parce qu' il va bien falloir que je me décide, et que je m'y mette vraiment... au travail !

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mardi 4 décembre 2007

Quand tu ne sais pas choisir... fais donc une grille !

Les gens qui me connaissent vous le diront, je ne suis pas très douée pour choisir entre plusieurs options qui me plaisent.
C'est ainsi que je me retrouve avec la même fringue dans toutes les couleurs dispos en magasin, ou que je rentre avec 3 jupes sous le bras quand je partais en acheter une. Mon armoire déborde parce que je n'ai pas su choisir entre gris clair et gris anthracite, ou entre beige taupe et marron glacé. C'est comme ça, je n'aime pas faire une croix sur une chose qui me plait sous prétexte qu'une autre me plait encore plus, ou autant.

Alors vous imaginez le dilemme quand il s'agit de choisir un appart... ou un boulot !

Devinez comment je m'en sors ! J'applique une méthode vieille comme le monde mais qui a fait ses preuves pour moi comme pour beaucoup d'autres : la bonne vieille grille décisionnelle.

Le principe est simple : quand on hésite entre plusieurs options, cela consiste à calculer une note pour chaque option, en se basant sur des critères pondérés.

  1. Lister tous les critères qui interviennent dans le choix : critères objectifs ou subjectifs, quantifiables ou non
  2. Affecter un poids à chaque critère, par exemple sur une échelle de 1 à 10
  3. Noter chaque option sur l'ensemble des critères, par exemple en affectant des notes de 1 à 10 pour les critères non quantifiables, ou directement des valeurs numériques pour des valeurs quantifiables (ex : surface d'un appart ou salaire d'un job)
  4. Calculer la note de chaque option en sommant les produits (poids x note) sur l'ensemble des critères
L'option gagnante est celle qui obtient la meilleure note.

Ça n'a rien de bien sorcier, et pourtant, ça permet d'objectiver l'évaluation. Ça oblige à se poser la question de l'importance de chacun des critères, et c'est ce qui est fondamental dans la prise de décision.
A chaque fois que Louis et moi avons cherché un appart, nous avons eu recours à cette méthode pour trancher entre plusieurs apparts en short-list. Certains nous regardent comme des extra-terrestres, et pourtant ça nous a permis de décider vite, sans trop de prise de tête. Et ça aide aussi à décider quand on est plusieurs à intervenir dans la décision.
Ça n'est sans doute pas très parlant pour les intuitifs qui décident sur un coup de cœur ou sur un coup de tête. Mais ça peut aider les perpétuels indécis, et même pour les affectifs/impulsifs/intuitifs, je suis convaincue que ce petit exercice ne serait pas toujours inutile.

Je pense que je ne vais pas y couper pour décider quel job je choisis. J'ai des propositions de natures très diverses, et il se trouve que j'ai énormément de critères à faire intervenir dans mon choix. Donc la grille décisionnelle s'impose, et elle ne va pas être simple à construire : beaucoup de critères et encore pas mal d'inconnues.

NB : J'en vois déjà qui se disent : "Au moins maintenant, on sait comment elle a choisi son mari !"... Que voulez-vous, il a la meilleure note à tous les critères !

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dimanche 2 décembre 2007

Gérer sa vie comme on gère des projets

Depuis que j'ai des enfants, je peste régulièrement contre le fait que tout est lent, que tout prend du temps, que la moindre activité génère des sous-activités qui prennent une éternité.
Par exemple, se préparer pour partir quelque part avec les 2 enfants prend toujours environ 2 fois plus de temps que ce que l'on avait prévu... Avec un enfant, on arrive généralement en retard d'une 1/2 heure à un rendez-vous, et avec 2 enfants, le retard est de l'ordre d'une heure voire plus. Surtout quand l'aîné décrête qu'il est assez grand pour tout faire tout seul : pour le rendre autonome on le laisse faire, mais toutes les durées sont doublées ou triplées.
Avec l'expérience, on apprend à en tenir compte dans le planning de la famille, même s'il arrive encore inévitablement qu'on se laisse surprendre.

Ça marche un peu comme quand on planifie un projet. Dans le cas d'un projet informatique, si l'on oublie les charges de test, de gestion de projet, la user acceptance, le temps dédié aux allers/retour avec le client, des sécurités pour gérer les impondérables, le planning dérive et on va dans le mur. Arriver à tenir le planning passe nécessairement par un recensement exhaustif de toutes les tâches, par une évaluation précise de leur charge, par une affectation judicieuse des ressources et par la prise en compte des facteurs de risque extérieurs.
C'est pareil avec les enfants...
Si on s'en tient à l'intuition et à l'évaluation à la louche, on se plante et on est en retard, que ce soit quand on gère un projet, ou quand on part en week-end avec ses bambins.

Eh bien, figurez-vous que ce principe se vérifie aussi dans la recherche d'emploi. Comme pour le reste, on a me semble-t-il tendance à sous-évaluer les temps de réponse, à s'engager sur des dates non réalistes, à prendre du retard.
C'est logique, chercher du boulot, c'est faire du business. Donc ça marche comme dans le business : tout va moins vite que ce que l'on avait prévu, c'est connu, voire ça fait partie du jeu. Quand on vend un projet, le processus de décision est quasiment toujours plus lent que ce que le client avait annoncé initialement. Il est fréquent qu'un client demande un démarrage du projet à une date donnée et que lorsque cette date arrive, le client n'ait même pas encore retenu le prestataire ni fait la négociation commerciale.
Même topo pour la recherche d'emploi : les recruteurs vont toujours moins vite que ce qu'ils avaient dit au départ dans leur process de recrutement. Et en parallèle, celui qui cherche du travail réagit et décide souvent moins rapidement que ce qu'il avait annoncé aux recruteurs.

Chacun prend son temps car chacun gère les imprévus, et les frottements sont nombreux à tous les niveaux.
Je suis toujours amusée de constater que même quand tout le monde est pressé, les process prennent plus de temps que prévu. Ça m'énerve d'ailleurs quotidiennement car je ne suis pas un modèle de patience, et moi, j'aime que les choses aillent vite, vite, vite (et oui, encore un clin d'oeil à La Chanson Du Dimanche).
Même quand on a tendance à gérer sa vie comme une série de projets, les choses ne se passent jamais comme on les avait imaginées et ce malgré le meilleur planning du monde !

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jeudi 15 novembre 2007

Et pour bosser c'est facile, cile, cile...

... travailler à domicile, cile, cile !

Lorsque j'ai annoncé que j'avais envie de retravailler, mais que je souhaitais continuer à être disponible pour mes enfants, on m'a dit plusieurs fois : "Mais tu n'as qu'à travailler de chez toi !".

Facile à dire... Certes l'idée est tentante, sauf que ce n'est pas un projet en soi. Bosser de chez moi, bien sûr que ça me plairait mais voilà la vraie question : quel job puis-je faire de chez moi ?

Ceux qui ne me connaissent pas répondront : "C'est simple, tu travailles dans l'informatique. Fais donc du développement ! Ca se fait de chez soi...".

C'est vrai, à quelques détails près :

  1. Je ne suis pas développeuse : je ne l'ai jamais vraiment été même si j'ai fait du développement au début de ma carrière d'informaticienne, et je ne le serai jamais
  2. J'ai envie de m'éloigner de la technique pour me recentrer sur le fonctionnel et l'organisation
  3. J'aurais trop peur de devenir l'incarnation du héros geek décrit avec tant de verve par la Chanson du Dimanche dans sa chanson Bluetooth... J'ai déjà pleins de fenêtres - de chat - ouvertes en même temps. Ce qui me sauve, c'est que je n'ai pas un Dell mais un MAC, et que mes amis sont plutôt sur Facebook que sur MySpace.com !
Donc décidément non, pas de projet de travail 100% à domicile, juste pour le plaisir de bosser de chez moi.
Travailler à la maison, c'est chouette, c'est un mode d'organisation bien pratique que j'espère bien utiliser autant que possible quand je bosserai, mais ce n'est pas un but en soi. Et si j'ai envie de retravailler, c'est aussi pour voir des gens et avoir des contacts sociaux, donc autant trouver un job où je verrai quand même de temps en temps des collègues ou des clients.

Pour finir, je ne résiste pas à l'envie de vous faire (re)découvrir cet hymne aux geeks - et je sais de quoi je parle, j'en ai épousé un... Merci à la Chanson du Dimanche !


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lundi 5 novembre 2007

Cultivons notre réseau

Je n'ai jamais été très active dans la construction de mon réseau.
En dehors de mon cercle d'amis, pour la plupart copains de promo de Centrale, et de quelques contacts professionnels, je n'avais jamais vraiment cherché à développer ni même entretenir mon réseau professionnel.

La flemme et le manque de temps m'ont toujours un peu freiné. Et par dessus tout, le fait que je n'avais pas vraiment conscience de l'intérêt d'avoir un réseau étoffé, si bien que je n'y consacrais pas de temps.

Jusqu'à maintenant, j'avais cherché et trouvé du travail principalement en répondant à des offres d'emploi.
Mais cette fois, lorsque j'ai décidé de me mettre en recherche active, j'ai réalisé qu'avec 10 ans d'expérience, je ne devais plus chercher comme une débutante. Finis l'épluchage des sites d'offres d'emploi et la rédaction de lettres de motivation à la pelle... J'ai décidé de m'y prendre autrement. D'autant que les offres pour les expérimentés sont beaucoup moins nombreuses. Et les recruteurs le disent : pour embaucher un expérimenté, ils cherchent souvent par connaissance, ou s'adressent à des chasseurs de tête.

Mon premier réflexe a donc été de chercher autour de moi, dans mes connaissances.
Et là, un constat s'impose : plus vous connaissez de monde, plus vous avez de chance de connaître quelqu'un dans une boîte qui vous intéresse, voire de connaître quelqu'un qui cherche à recruter... quelqu'un comme vous. Car les recruteurs préfèrent souvent embaucher quelqu'un qu'ils connaissent ou qui leur a été recommandé, plutôt qu'un illustre inconnu qui a répondu à une annonce.
D'où l'importance de la cooptation dans beaucoup de boîtes. Et d'où l'importance de ne pas négliger votre réseau !

Le Web 2.0 facilite cette opération, au travers des LinkedIn et autres réseaux sociaux.
Je ne parle pas de chercher à devenir friend avec n'importe qui dans LinkedIn ou Facebook (ce qui ne s'apparente pas à du réseautage efficace, mais plutôt à du parasitage) ; il ne s'agit pas d'importuner la terre entière sous prétexte que vous cherchez du travail. Je parle ici d'utiliser des contacts ciblés de manière pertinente. Le but est bien de contacter des gens que votre profil peut intéresser et qui seront, de surcroît, sensibles au fait qu'ils vous connaissent déjà ou que vous êtes recommandés par une de leurs connaissances.
Dans ce cadre, il est clair que les réseaux d'anciens élèves ont fait leurs preuves. On sait bien que les centraliens recrutent des centraliens, et que ça marche de la même façon dans toutes les écoles.

C'est une autre manière d'appréhender la recherche d'emploi, et si vous voulez mon avis, je trouve ça autrement plus agréable et efficace que de répondre à des annonces au kilomètre.

Alors, cultivons notre réseau, comme nous cultivons notre jardin.

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jeudi 1 novembre 2007

Dur dur de changer de métier

C'est sûr, ma recherche d'emploi serait plus simple si j'avais envie de retourner faire le même métier en changeant juste de boîte... Je n'aurais plus qu'à convaincre les recruteurs qu'un break de 3 ans, ça n'est pas un trou noir dans une carrière, et que temps partiel peut rimer avec motivation et implication professionnelle.

Le fait de vouloir en profiter pour réorienter ma carrière corse un peu le problème.
J'imagine que pour un employeur, embaucher quelqu'un qui s'est arrêté de travailler pendant 3 ans, c'est déjà prendre un petit risque. Un risque mesuré, certes, car mon CV et les entretiens sont là, je l'espère, pour prouver que je suis opérationnelle. Mais ça consiste quand même à faire un pari : le pari que suis toujours au top, ou que je reviendrai très vite au top.

Alors une entreprise est-elle prête à prendre en plus le risque de m'embaucher pour faire autre chose que le métier que je maîtrise ?

Vous ne savez sans doute pas que j'ai déjà fait un virage à 180° dans ma carrière. C'était il y a 8 ans (déjà !).
En sortant de Centrale en 1997, j'ai travaillé dans l'industrie, en tant que Responsable Méthodes Process d'une usine d'étirage de tubes en acier. Autrement dit, mon quotidien consistait à enfiler mes chaussures et mon casque de sécurité et à arpenter l'usine, au milieu des ouvriers, pour améliorer les process de fabrication, optimiser les gammes de fabrication, animer des groupes de travail sur la qualité totale etc... Bref, un vrai métier d'ingénieur dans l'industrie.
Au bout de 2 ans, pour des raisons diverses (à la fois professionnelles et personnelles), j'ai décidé de quitter l'industrie pour me lancer dans l'informatique. Souvenez-vous, on était en 1999, en pleine époque de la bulle internet, alors quoi de plus sexy que de rejoindre une web agency pour se mettre à l'informatique dans un milieu fun, innovant et en pleine explosion ? C'est ce que j'ai fait. C'était une vraie remise en question de passer des tubes en acier au milieu délirant du web.
J'ai troqué mes pompes de sécurité et mon casque contre un ordinateur, quelques cours de développement dans les langages de l'époque, beaucoup d'apprentissage sur le tas et à la clé, une réorientation professionnelle réussie.

J'ai déjà pris le risque de changer de métier une fois, je me sens prête à recommencer. Ca ne me fait pas peur et j'ai confiance dans ma capacité à m'adapter. Mais les recruteurs sont-ils prêts à me suivre ? Naturellement, ils me proposent des postes identiques ou similaires à ceux que j'ai occupés auparavant.
Or j'ai envie de m'éloigner des problématiques techniques, pour me concentrer sur le fonctionnel, l'organisationnel, la gestion et les aspects humains.
On dit toujours qu'il ne faut pas tout changer en même temps : secteur, entreprise, métier. Il est préférable de faire varier un seul paramètre à la fois. Dans mon cas, je pense devoir me concentrer sur des secteurs que je connais : industrie, SSII, medias, internet. Ce serait assez utopique de me lancer dans un secteur auquel je ne connais rien.
En revanche, mettre à profit ma connaissance d'un secteur et mes compétences métier, dans le cadre de nouvelles attributions, ça ne me parait pas délirant, et surtout, je trouve ça exaltant !

Plus j'avance dans ma recherche du job idéal, et plus je réalise que ce souhait de réorientation professionnelle est beaucoup plus déterminant dans les process de recrutement que le break de 3 ans. C'est plutôt rassurant !

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samedi 27 octobre 2007

Petite anecdote sur le temps partiel

J'ai postulé (candidature spontanée, en utilisant mon réseau) dans une grosse boîte industrielle française. Le genre de grosse entreprise aux process un peu lourds et à forte tradition sociale en faveur des salariés.

En tout, j'ai passé 5 entretiens, dont l'un dans un cabinet de recrutement mandaté par la boîte (pour des tests psychotechniques et tests de personnalité).

J'ai abordé le sujet du temps partiel dès le 2ème entretien : on m'a répondu que le 4/5 (les 32 heures) existait traditionnellement dans l'entreprise mais qu'évidemment, ça pouvait influencer le type de poste que l'on me proposerait. Pas d'opposition au 4/5 donc, tout à fait envisageable dans mon cas.
Lors de chacun des 3 entretiens suivants, c'est moi qui ai appris à mon interlocuteur que je souhaitais un 4/5 : aucune des personnes que j'avais rencontrées n'avait fait passer cette information à l'interlocuteur suivant dans le process de recrutement.

C'est quand même marrant, non ? A chaque fois on m'a redit que ça ne posait pas de problème, et pourtant, à chaque entretien suivant, je découvrais que l'information s'était malencontreusement "perdue". Tabou, acte manqué ou réel blocage ? Ou simple espoir que je laisserais tomber cette idée ?

Lorsqu'on m'a présenté le poste en détail durant le dernier entretien, on m'a donc décrit une mission à temps plein. En fin d'entretien, j'ai précisé que je souhaitais un 4/5. Mon interlocuteur, bien sûr un peu surpris de l'apprendre en live, m'a affirmé que c'était possible mais que ça nécessiterait évidemment une bonne organisation de ma part. Et une plus plus forte disponibilité durant la semaine...
On comprend bien ce que l'employeur avait en tête : "OK, on vous laisse ne pas venir travailler le mercredi (cool, on va vous payer 20% de moins) mais puisqu'on ne change rien au périmètre de la mission, vous allez ramer pour faire votre boulot et vous devrez compenser votre absence les autres jours".
Donc en théorie, dans cette grosse boîte, on admet très bien le temps partiel, y compris pour les cadres, sauf qu'en pratique :

  1. c'est une info qui, comme par hasard, se perd facilement dans le process de recrutement
  2. les postes à 4/5 ne sont autres que des postes à temps plein payés à 4/5
La conclusion de ce processus va strictement dans le même sens.
J'ai reçu une lettre d'intention d'embauche par mail : celle-ci précise que l'entreprise propose de m'embaucher, avec la description du poste, et le salaire proposé, pour un temps plein.
Il n'est fait aucune mention du temps partiel dans la lettre d'intention. En entretien, nous étions d'accord sur le temps partiel, mais à la lecture de cette lettre, ça ne se voit pas...
Je suppose que si je répondais OK mais pour un 4/5, le contrat de travail serait établi en conséquence, mais c'est tout de même un bon indicateur de leur état d'esprit, non ?

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vendredi 26 octobre 2007

Checkpoint...

... ou petit bilan de la situation après 6 semaines d'investigation et de réflexions sur mon retour à la vie active.

  1. Je peux trouver un job
  2. Ce job peut être un 4/5 (j'ai 2 propositions de 4/5 en poche)
  3. Malgré ça, je n'ai pas encore trouvé la configuration de mes rêves car les 4/5 qu'on me propose sont des temps pleins dissimulés (cf mon article précédent Le temps partiel officiel)
Vous vous dites peut-être que j'abuse de snobber le temps partiel alors que ce serait évidemment une solution acceptable pour profiter un peu de mes bambins.

Certes, mais nous fixons tous nos priorités en fonction de nos envies et de notre histoire personnelle, et j'admets volontiers que tout le monde ne comprenne pas mes choix.
J'ai des copines qui travaillent énormément, à temps plein, qui ne voient leurs enfants quasiment que le week-end et qui sont heureuses comme ça. Tant mieux !
Je sais juste que ce genre de situation ne pourrait pas me satisfaire.
J'en viens à me dire que le manque de flexibilité lié à la plupart des jobs salariés, même à 4/5, me posera des problèmes.
Un avantage dans le fait d'avoir 10 ans d'expérience, c'est qu'on connaît un peu le monde du travail et les entreprises, et qu'on se fait peut-être moins d'illusions que lorsque l'on débutait.

Alors je commence sérieusement à envisager de me mettre à mon compte. En effet, faire du consulting en indépendant m'apporterait une souplesse qui fait défaut dans les entreprises. D'un autre côté, et même si je n'ai rien à perdre en essayant, ce serait nouveau pour moi et ça m'effraie un peu.

Bref, j'ai maintenant toutes les cartes en main pour peser le pour et le contre de chacune des options : job salarié à 4/5 ou consultante indépendante.

Plus qu'à faire un petit travail d'analyse, et à en tirer les conclusions qui s'imposent...

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mardi 23 octobre 2007

Le temps partiel officiel

Là, tout de suite, ça sonne mieux... il y a officiel dedans donc ça se présente bien.
On pourrait se dire que la contractualisation du temps partiel doit permettre de freiner la course permanente contre la montre du faux temps partiel.
Mais ne nous leurrons pas : il existe un autre risque, un peu plus sournois, lié à son officialisation :

  • Votre contrat dit que vous travaillez 4 jours par semaine
  • Votre feuille de paye dit que vous êtes payée 4 jours par semaine
  • Mais votre charge de travail dit le contraire : en fait, vous avez un job à temps plein, payé à 4/5 et vous vous retrouvez à travailler en télé-travail le mercredi alors que vous devez être off, et/ou à rattraper votre retard le soir
Ce risque, bien connu, ne doit pas être sous-estimé quand vous abordez la question du temps partiel en entretien. En effet, vous postulez pour un job, qui dans la majorité des cas est un job à plein temps. Si le recruteur, parce qu'il vous veut, est prêt à lâcher un 4/5, vous pouvez légitimement vous demander s'il mettra en place les solutions pertinentes pour réellement diminuer la charge de travail : par exemple en réduisant le scope de la mission, ou en vous adjoignant un collègue qui servira de relais en votre absence etc...
A mon avis, le fond du problème, c'est que les employeurs prêts à vraiment dimensionner un job de cadre pour un 4/5 ne courent pas les rues : le recruteur a un besoin pour un temps plein, qu'il peut éventuellement essayer de faire rentrer (au chausse-pied) dans un 4/5. Mais un vrai poste dimensionné à 4/5, je ne sais pas si ça existe vraiment pour des profils comme le mien.

Dès lors, j'ai beau le tourner dans tous les sens : quand vous avez un job à responsabilités, le temps partiel est difficile à mettre en œuvre. Cela vous demande beaucoup de rigueur à titre personnel pour arriver à vous y tenir, et pas mal de coopération de la part de votre hiérarchie et de vos collègues. Ca peut vite devenir un casse-tête en matière d'organisation, voire une situation encore plus prenante qu'un temps plein car :
  • Vous bouffez sur votre temps libre, censé être disponible pour les enfants, pour absorber la surcharge de travail : frustration sur le plan personnel
  • Malgré cela, vous ne pouvez jamais faire correctement votre boulot : frustration sur le plan professionnel
Mais quelle est donc la solution ?

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dimanche 21 octobre 2007

Le temps partiel officieux

Les employeurs qui ne souhaitent pas signer pour un temps partiel arguent parfois du fait qu'avec les RTT, les congés etc..., on peut arriver en pratique à travailler 4 jours par semaine tout en étant sur la base d'un temps plein. C'est particulièrement vrai dans les entreprises où les accords sur les 35 heures ont été bien négociés, c'est-à-dire les boîtes où il y a beaucoup de RTT (dans certaines grandes entreprises, il y a autant de RTT que de congés payés).

D'un point de vue financier, la tentation peut être forte d'avoir recours à cette solution, car on est alors payée à plein salaire.
Mais le risque est également important de ne pas arriver à "respecter" un 4/5, c'est-à-dire à bloquer un jour par semaine... Et de vous dire toutes les semaines : "La semaine prochaine, c'est sûr, je prendrai mon mercredi"... Et de courir après ce fameux mercredi en permanence.

C'est donc bien tentant, mais si les RTT et les jours de congés vous permettent effectivement de passer du temps avec vos enfants, ils servent difficilement à réserver des jours fixes à votre progéniture. Les clients, les collègues et la hiérarchie risquent fort de ne pas tenir compte du fait que le mercredi, il faut éviter de compter sur vous... puisqu'officiellement, vous êtes est disponible tous les jours !
N'oublions pas que pour poser un jour de congé ou de RTT, il faut l'accord d'un supérieur hiérarchique. Et même si vous avez un accord tacite avec votre chef sur le fait que le mercredi, vous vous débrouillez pour ne pas être là, il peut l'oublier et/ou refuser à répétition d'accorder cette absence (une semaine parce qu'il y a une réunion trop importante avec un client, la suivante parce qu'il y a une deadlline critique sur un projet etc...).

En ce qui me concerne, je suis donc relativement sceptique quant à cette solution.

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jeudi 18 octobre 2007

Gagner moins pour travailler moins

Oui, je sais, ce n'est pas vraiment dans l'air du temps.

Pour être franche, c'est la 1ère fois de ma carrière que je me dis sérieusement que je suis prête à gagner moins pour travailler moins.
Jusqu'à maintenant, j'avais expérimenté :

  • le fameux "travailler plus pour gagner plus", bien sûr, j'ai déjà donné
  • mais aussi le très répandu, mais moins médiatique, "travailler plus pour gagner la même chose, voire moins"
Maintenant, je veux juste travailler moins, et je suis donc prête à gagner moins.

Mais attention, il ne s'agit pas de travailler moins juste pour moins travailler : je ne suis pas fainéante, bien au contraire, j'ai une fâcheuse tendance à toujours trop en faire. Non, cette fois, il y a une vraie motivation dans le fait de vouloir aménager mon temps de travail : je veux conserver du temps pour ma progéniture. C'est quand même assez louable comme projet, non ?

Seulement voilà... Demander un temps partiel, ça donne l'impression qu'on veut tirer au flanc.

C'est un problème délicat : comment convaincre un recruteur que l'on est motivée et prête à s'impliquer énormément dans son travail, mais qu'on souhaite le faire seulement 4 jours ou 3,5 jours par semaine ? Ce n'est pas parce que l'on souhaite consacrer du temps à ses enfants que l'on n'a pas envie de s'investir dans son boulot, ça doit être compatible.
Dans mon esprit, temps partiel et performance professionnelle ne sont pas antinomiques, pas plus que temps partiel et implication professionnelle. Mais quand j'annonce autour de moi que je veux travailler à temps partiel, on me rétorque souvent "ah ouais, tu cherches une planque". Et là, je ne parle pas des recruteurs mais bien des gens qui évoluent dans le même milieu socio-professionnel que moi. C'est loin d'être entré dans les mœurs, surtout chez les cadres.

Cette association trop systématique entre temps partiel et fainéantise est tout de même rageante. Pourquoi ne pas envisager que l'on puisse être aussi motivée, efficace et fiable en travaillant 4 jours par semaine qu'en en travaillant 5 ?

Les recruteurs à qui j'ai parlé de temps partiel me répondent tous la même chose : c'est faisable, tout est question d'organisation. Mais on sent bien qu'une petite lueur s'éteint dans leurs yeux lorsque je prononce les mots "temps partiel". Disons que si ça ne les fait pas fuir en courant, ça ne les fait pas non plus sauter de joie. Personnellement, je préfère être motivée et disponible 4 jours par semaine, plutôt que démotivée et peu disponible 5 jours par semaine.
Et il me semble que du point de vue d'un employeur, c'est aussi plus intéressant, et beaucoup plus rentable.

Par ailleurs, je pense qu'opter pour un temps partiel relève du courage plus que de la fainéantise : viser à la fois les titres d'employée du mois au boulot, et de maman modèle et d'épouse parfaite à la maison, ce n'est pas ce que j'appelle être fainéante, c'est courageux.

Un dernier point, que je ne mets pas en avant en entretien d'embauche, mais qui mérite d'être souligné car il peut compter pour certains employeurs : si je gagne moins pour travailler moins, je coûterai aussi moins cher !

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mardi 16 octobre 2007

Mais oui, je possède aussi des atouts !

Dans mon dernier article, j'ai listé 4 handicaps liés à mon congé parental et à mes choix personnels.

Ces choix m'ont également dotée de quelques atouts qui méritent d'être soulignés.
Rassurez-vous, je ne vais pas faire ici l'étalage de mes qualités professionnelles, je ne suis pas en entretien d'embauche. Si des recruteurs lisent ces lignes et qu'ils souhaitent en savoir plus sur mon profil, je les invite à me contacter directement.

Le but est plutôt de mettre en lumière ce que mon break professionnel a apporté à mon profil, à défaut d'étoffer mon CV.
Bref, sur quels axes ai-je progressé pendant mon congé parental ?

  1. Je suis plus enthousiaste et motivée : je sais ce qui me manque dans le fait d'être inactive et j'ai envie de retravailler en connaissance de cause
  2. Je suis plus déterminée : je sais ce que je veux et j'ai appris à assumer mes choix
  3. J'ai une plus grande confiance en moi : exercer mon autorité auprès d'un tyran en herbe de 3 ans a forgé mon caractère
  4. Je suis plus sereine : j'ai accompli l'un de mes projets personnels les plus chers, d'où un sentiment d'apaisement
  5. Je suis plus organisée : j'ai appris à ne pas me laisser déborder malgré les imprévus, dans un contexte d'implication émotionnelle forte
  6. Je suis plus équilibrée : j'ai appris à me définir autrement qu'au travers de ma seule carrière

Ces 6 points peuvent se résumer en une phrase : j'ai mûri.
Je dis souvent en plaisantant que je ne me sens adulte que depuis que j'ai des enfants (et surtout depuis le 2ème). C'est caricatural, mais avoir en charge l'éducation des enfants est une responsabilité qui fait réellement progresser, même si ce n'est pas sur un plan professionnel.

Ces nouveaux atouts devraient donc m'aider à construire mon projet professionnel et à contrebalancer les aspects moins favorables.
La difficulté de l'exercice reste maintenant de convaincre les employeurs qu'au global, le bilan est positif et que ces points forts, tous beaux tous neufs, l'emportent sur les handicaps. Personnellement, j'en suis persuadée et c'est déjà un début.

Un petit bonus vient, je l'espère, peser du bon côté de la balance : je ne suis plus perçue par les employeurs comme une menace ambulante de grossesse. Si une trentenaire mariée sans enfant peut effrayer un recruteur, on peut imaginer que devenue maman (surtout 2 fois maman), cette même jeune femme leur paraisse moins menaçante : voilà, au moins, je les ai faits mes enfants.

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samedi 13 octobre 2007

Identifier le vrai challenge

Certes ça ne doit pas être évident de revenir dans le monde du travail après 3 ans de congé parental, mais ça n'est pas non plus le défi du siècle.

C'est d'autant plus vrai qu'une solution assez confortable s'offre à moi : retourner dans mon ancien job. Durant mon congé parental, on m'a gardé mon poste au chaud (ça c'est le principe même du congé parental) et je peux donc retourner faire ce que je faisais dans mon ancienne boîte avant d'avoir mes enfants.
Mais le hic, c'est que je n'en ai aucune envie. J'avais un poste intéressant avec de belles responsabilités, mais ce job n'est pas compatible avec mes nouvelles contraintes personnelles (à savoir passer du temps avec mes enfants). Si je retournais dans ma boîte, ce serait donc pour prendre de nouvelles fonctions. Or, mon employeur actuel n'est pas en mesure de me proposer d'autre poste qui corresponde à mes aspirations.

J'ai donc décidé de rebondir, et de chercher du travail.

Revenir après un congé parental, ce n'est pas facile mais faisable. Changer de boîte et pourquoi pas de fonction au passage, ça rajoute une touche de complexité mais ça doit être jouable.
J'ai donc eu une dernière idée pour transformer ma recherche de boulot en véritable casse-tête : j'ai décidé de chercher un travail à temps partiel. J'aimerais en effet consacrer mes mercredis à mes enfants, et pourquoi pas disposer d'une demi-journée libre supplémentaire pour vaquer à mes occupations (les plus amusantes bien sûr : les tâches administratives, les courses etc...). Et à mon avis, c'est là que ça va se corser.

Je cumule ainsi plusieurs "handicaps" du point de vue d'un employeur :

  1. Avoir fait 3 ans de break dans ma carrière
  2. Changer de société
  3. Avoir envie de changer de fonction
  4. Vouloir travailler à temps partiel

Il me semble que le plus gros challenge est bien la recherche d'un temps partiel, même si les contacts que j'ai eus jusqu'à maintenant avec des employeurs me confortent dans l'idée que c'est trouvable. Ca restreint les possibilités car certains postes ne sont pas compatibles avec un temps partiel, et ça élimine probablement des sociétés dont ce n'est absolument pas la culture d'entreprise.

Toujours est-il qu'on ne pourra pas me reprocher d'opter pour la solution de facilité, car le voilà mon vrai défi : trouver de nouvelles fonctions, à temps partiel, chez un nouvel employeur !

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