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dimanche 2 décembre 2007

Gérer sa vie comme on gère des projets

Depuis que j'ai des enfants, je peste régulièrement contre le fait que tout est lent, que tout prend du temps, que la moindre activité génère des sous-activités qui prennent une éternité.
Par exemple, se préparer pour partir quelque part avec les 2 enfants prend toujours environ 2 fois plus de temps que ce que l'on avait prévu... Avec un enfant, on arrive généralement en retard d'une 1/2 heure à un rendez-vous, et avec 2 enfants, le retard est de l'ordre d'une heure voire plus. Surtout quand l'aîné décrête qu'il est assez grand pour tout faire tout seul : pour le rendre autonome on le laisse faire, mais toutes les durées sont doublées ou triplées.
Avec l'expérience, on apprend à en tenir compte dans le planning de la famille, même s'il arrive encore inévitablement qu'on se laisse surprendre.

Ça marche un peu comme quand on planifie un projet. Dans le cas d'un projet informatique, si l'on oublie les charges de test, de gestion de projet, la user acceptance, le temps dédié aux allers/retour avec le client, des sécurités pour gérer les impondérables, le planning dérive et on va dans le mur. Arriver à tenir le planning passe nécessairement par un recensement exhaustif de toutes les tâches, par une évaluation précise de leur charge, par une affectation judicieuse des ressources et par la prise en compte des facteurs de risque extérieurs.
C'est pareil avec les enfants...
Si on s'en tient à l'intuition et à l'évaluation à la louche, on se plante et on est en retard, que ce soit quand on gère un projet, ou quand on part en week-end avec ses bambins.

Eh bien, figurez-vous que ce principe se vérifie aussi dans la recherche d'emploi. Comme pour le reste, on a me semble-t-il tendance à sous-évaluer les temps de réponse, à s'engager sur des dates non réalistes, à prendre du retard.
C'est logique, chercher du boulot, c'est faire du business. Donc ça marche comme dans le business : tout va moins vite que ce que l'on avait prévu, c'est connu, voire ça fait partie du jeu. Quand on vend un projet, le processus de décision est quasiment toujours plus lent que ce que le client avait annoncé initialement. Il est fréquent qu'un client demande un démarrage du projet à une date donnée et que lorsque cette date arrive, le client n'ait même pas encore retenu le prestataire ni fait la négociation commerciale.
Même topo pour la recherche d'emploi : les recruteurs vont toujours moins vite que ce qu'ils avaient dit au départ dans leur process de recrutement. Et en parallèle, celui qui cherche du travail réagit et décide souvent moins rapidement que ce qu'il avait annoncé aux recruteurs.

Chacun prend son temps car chacun gère les imprévus, et les frottements sont nombreux à tous les niveaux.
Je suis toujours amusée de constater que même quand tout le monde est pressé, les process prennent plus de temps que prévu. Ça m'énerve d'ailleurs quotidiennement car je ne suis pas un modèle de patience, et moi, j'aime que les choses aillent vite, vite, vite (et oui, encore un clin d'oeil à La Chanson Du Dimanche).
Même quand on a tendance à gérer sa vie comme une série de projets, les choses ne se passent jamais comme on les avait imaginées et ce malgré le meilleur planning du monde !

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jeudi 1 novembre 2007

Dur dur de changer de métier

C'est sûr, ma recherche d'emploi serait plus simple si j'avais envie de retourner faire le même métier en changeant juste de boîte... Je n'aurais plus qu'à convaincre les recruteurs qu'un break de 3 ans, ça n'est pas un trou noir dans une carrière, et que temps partiel peut rimer avec motivation et implication professionnelle.

Le fait de vouloir en profiter pour réorienter ma carrière corse un peu le problème.
J'imagine que pour un employeur, embaucher quelqu'un qui s'est arrêté de travailler pendant 3 ans, c'est déjà prendre un petit risque. Un risque mesuré, certes, car mon CV et les entretiens sont là, je l'espère, pour prouver que je suis opérationnelle. Mais ça consiste quand même à faire un pari : le pari que suis toujours au top, ou que je reviendrai très vite au top.

Alors une entreprise est-elle prête à prendre en plus le risque de m'embaucher pour faire autre chose que le métier que je maîtrise ?

Vous ne savez sans doute pas que j'ai déjà fait un virage à 180° dans ma carrière. C'était il y a 8 ans (déjà !).
En sortant de Centrale en 1997, j'ai travaillé dans l'industrie, en tant que Responsable Méthodes Process d'une usine d'étirage de tubes en acier. Autrement dit, mon quotidien consistait à enfiler mes chaussures et mon casque de sécurité et à arpenter l'usine, au milieu des ouvriers, pour améliorer les process de fabrication, optimiser les gammes de fabrication, animer des groupes de travail sur la qualité totale etc... Bref, un vrai métier d'ingénieur dans l'industrie.
Au bout de 2 ans, pour des raisons diverses (à la fois professionnelles et personnelles), j'ai décidé de quitter l'industrie pour me lancer dans l'informatique. Souvenez-vous, on était en 1999, en pleine époque de la bulle internet, alors quoi de plus sexy que de rejoindre une web agency pour se mettre à l'informatique dans un milieu fun, innovant et en pleine explosion ? C'est ce que j'ai fait. C'était une vraie remise en question de passer des tubes en acier au milieu délirant du web.
J'ai troqué mes pompes de sécurité et mon casque contre un ordinateur, quelques cours de développement dans les langages de l'époque, beaucoup d'apprentissage sur le tas et à la clé, une réorientation professionnelle réussie.

J'ai déjà pris le risque de changer de métier une fois, je me sens prête à recommencer. Ca ne me fait pas peur et j'ai confiance dans ma capacité à m'adapter. Mais les recruteurs sont-ils prêts à me suivre ? Naturellement, ils me proposent des postes identiques ou similaires à ceux que j'ai occupés auparavant.
Or j'ai envie de m'éloigner des problématiques techniques, pour me concentrer sur le fonctionnel, l'organisationnel, la gestion et les aspects humains.
On dit toujours qu'il ne faut pas tout changer en même temps : secteur, entreprise, métier. Il est préférable de faire varier un seul paramètre à la fois. Dans mon cas, je pense devoir me concentrer sur des secteurs que je connais : industrie, SSII, medias, internet. Ce serait assez utopique de me lancer dans un secteur auquel je ne connais rien.
En revanche, mettre à profit ma connaissance d'un secteur et mes compétences métier, dans le cadre de nouvelles attributions, ça ne me parait pas délirant, et surtout, je trouve ça exaltant !

Plus j'avance dans ma recherche du job idéal, et plus je réalise que ce souhait de réorientation professionnelle est beaucoup plus déterminant dans les process de recrutement que le break de 3 ans. C'est plutôt rassurant !

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samedi 27 octobre 2007

Petite anecdote sur le temps partiel

J'ai postulé (candidature spontanée, en utilisant mon réseau) dans une grosse boîte industrielle française. Le genre de grosse entreprise aux process un peu lourds et à forte tradition sociale en faveur des salariés.

En tout, j'ai passé 5 entretiens, dont l'un dans un cabinet de recrutement mandaté par la boîte (pour des tests psychotechniques et tests de personnalité).

J'ai abordé le sujet du temps partiel dès le 2ème entretien : on m'a répondu que le 4/5 (les 32 heures) existait traditionnellement dans l'entreprise mais qu'évidemment, ça pouvait influencer le type de poste que l'on me proposerait. Pas d'opposition au 4/5 donc, tout à fait envisageable dans mon cas.
Lors de chacun des 3 entretiens suivants, c'est moi qui ai appris à mon interlocuteur que je souhaitais un 4/5 : aucune des personnes que j'avais rencontrées n'avait fait passer cette information à l'interlocuteur suivant dans le process de recrutement.

C'est quand même marrant, non ? A chaque fois on m'a redit que ça ne posait pas de problème, et pourtant, à chaque entretien suivant, je découvrais que l'information s'était malencontreusement "perdue". Tabou, acte manqué ou réel blocage ? Ou simple espoir que je laisserais tomber cette idée ?

Lorsqu'on m'a présenté le poste en détail durant le dernier entretien, on m'a donc décrit une mission à temps plein. En fin d'entretien, j'ai précisé que je souhaitais un 4/5. Mon interlocuteur, bien sûr un peu surpris de l'apprendre en live, m'a affirmé que c'était possible mais que ça nécessiterait évidemment une bonne organisation de ma part. Et une plus plus forte disponibilité durant la semaine...
On comprend bien ce que l'employeur avait en tête : "OK, on vous laisse ne pas venir travailler le mercredi (cool, on va vous payer 20% de moins) mais puisqu'on ne change rien au périmètre de la mission, vous allez ramer pour faire votre boulot et vous devrez compenser votre absence les autres jours".
Donc en théorie, dans cette grosse boîte, on admet très bien le temps partiel, y compris pour les cadres, sauf qu'en pratique :

  1. c'est une info qui, comme par hasard, se perd facilement dans le process de recrutement
  2. les postes à 4/5 ne sont autres que des postes à temps plein payés à 4/5
La conclusion de ce processus va strictement dans le même sens.
J'ai reçu une lettre d'intention d'embauche par mail : celle-ci précise que l'entreprise propose de m'embaucher, avec la description du poste, et le salaire proposé, pour un temps plein.
Il n'est fait aucune mention du temps partiel dans la lettre d'intention. En entretien, nous étions d'accord sur le temps partiel, mais à la lecture de cette lettre, ça ne se voit pas...
Je suppose que si je répondais OK mais pour un 4/5, le contrat de travail serait établi en conséquence, mais c'est tout de même un bon indicateur de leur état d'esprit, non ?

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